L’apnée du sommeil touche de nombreuses personnes sans qu’elles en soient forcément conscientes. Ronflements, réveils nocturnes, fatigue persistante, des signes souvent anodins mais qui ont un impact sur votre santé au quotidien.
Pour vous aider à retrouver un sommeil de qualité, et réduire les risques cardiovasculaires, les dispositifs médicaux comme les appareils PPC, les orthèses ou les implants sont une avancée majeure dans le traitement de l’apnée du sommeil. Toutefois, ces équipements ont un coût qui peut parfois freiner les patients.
Heureusement, entre la Sécurité sociale et la mutuelle santé, ces dépenses peuvent être prises en charge en grande partie.
👉 Dans cet article, nous vous expliquons comment sont pris en charge les dispositifs contre l’apnée du sommeil, quelles sont les démarches et quels sont les taux de remboursement à connaître pour limiter votre reste à charge.
Pour en savoir plus sur les autres équipements médicaux, consultez notre page Remboursement des appareillages médicaux.
🎧 Vous préférez écouter ? Voici la version audio de cet article, présentée par la Mutuelle SMATIS.
Quels sont les dispositifs utilisés contre l’apnée du sommeil ?
Avant de parler du remboursement, il est nécessaire de connaitre les différentes solutions thérapeutiques disponibles pour les patients souffrant d’apnée du sommeil.
Le choix du dispositif dépend de la sévérité de l’apnée, de la tolérance du patient et des recommandations faites par le médecin spécialiste. Ces traitements sont encadrés par des critères précis et validés par la Haute Autorité de Santé (voir l’avis de la HAS).
Appareil PPC (pression positive continue)
C’est la solution de référence pour le traitement des apnées modérées à sévères. La machine envoie un flux d’air continu via un masque porté la nuit, afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes.
Avantages : traitement très efficace, amélioration rapide de la qualité du sommeil, réduction du risque cardiovasculaire.
Inconvénients : inconfort possible du masque, bruit de l’appareil, contrainte de port quotidien, obligation de porter le masque au moins 4 heures par nuit pour garantir son efficacité et son remboursement.
Prix moyen : entre 500 et 1 400 € selon les modèles et options choisis, mais l’appareil est le plus souvent loué.
Orthèse d’avancée mandibulaire
L’orthèse est un appareil buccal fabriqué sur mesure par un professionnel, pour être parfaitement adapté au patient. Elle permet d’avancer légèrement la mâchoire inférieure pour dégager les voies respiratoires. Elle est préconisée pour les apnées légères à modérées ou lorsque la PPC n’est pas tolérée.
Avantages : discrète, facile à utiliser, mieux tolérée par certains patients.
Inconvénients : efficacité limitée dans les apnées sévères, gêne à la mâchoire possible, renouvellement remboursé seulement après 2 à 3 ans, selon le modèle.
Prix moyen : environ 459 € TTC, selon les fiches LPPR.
Implant de stimulation du nerf hypoglosse
Destiné aux cas d’apnée sévère où les traitements classiques sont inefficaces, cet implant sous-cutané stimule le nerf hypoglosse pour maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. La pose de ce dispositif nécessite une intervention chirurgicale et une évaluation médicale stricte.
Avantages : alternative sans masque ni appareil externe, solution durable, amélioration du sommeil pour certains profils.
Inconvénients : intervention chirurgicale, coût élevé, éligibilité restreinte, prise en charge partielle.
Prix moyen : l’implant de stimulation du nerf hypoglosse coûte environ 20 000 €.
Le saviez-vous ?
En France, l’apnée du sommeil touche 7,9 % des 20-44 ans, 19,7 % des 45-64 ans et 30,5 % des plus de 65 ans, selon l’Assurance Maladie. Au volant, le risque d’accident des personnes apnéiques est deux fois plus élevé, mais il revient à la normale avec un traitement par PPC bien suivi, selon le Conseil national de la sécurité routière.
La bonne mutuelle, je suis toujours bien remboursée et rapidement, même lorsqu’ils me demandent un justificatif pour mes séances d’ostéopathie, que je télécharge sur mon espace personnel en ligne.
Nathalie à Bordeaux Saint Clair le 24 octobre 2024 sur les pages jaunes
C’est ce que j’appelle être bien accompagnée.

Quelle est la prise en charge par la Sécurité sociale ?
Plusieurs critères déterminent la prise en charge de ces dispositifs : le type d’appareil, la prescription médicale, l’inscription sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR), et parfois la situation médicale du patient (affection de longue durée, observance du traitement, renouvellement).
Conditions de remboursement
Pour être remboursé, le dispositif doit être prescrit par un professionnel de santé et inscrit sur la LPPR.
Dans le cas du traitement par PPC, la prise en charge se fait par un forfait hebdomadaire. Pour un patient télésuivi qui utilise bien son appareil (au moins 112 heures sur 4 semaines), ce forfait est de 14,21 € par semaine depuis le 1er avril 2026.
La Sécurité sociale prend en charge 60 % de ce tarif de base, soit environ 8,53 € par semaine. Le reste à charge peut être couvert par la mutuelle santé, selon la garantie choisie.
💡 À noter : pour certains dispositifs plus récents ou non standards (comme les implants), la base de remboursement peut ne pas être encore fixée par la LPPR.
Cas spécifiques : affection de longue durée (ALD)
L’apnée du sommeil ne fait pas partie de la liste des affections de longue durée (ALD). Le traitement est donc remboursé à 60 % du tarif de base.
Une prise en charge à 100 % n’est possible que si l’apnée est liée à une ALD déjà reconnue (par exemple une insuffisance cardiaque) ou, à titre exceptionnel, dans le cadre d’une ALD « hors liste » accordée par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
Observance et renouvellement
Pour certains appareils comme la PPC, l’observance du traitement doit être respectée si vous souhaitez assurer le remboursement de l’Assurance maladie. Elle vérifie que vous utilisez l’appareil au moins 4 heures par nuit sur une période définie. En cas de non-respect, le remboursement peut être suspendu.
Le renouvellement des dispositifs, comme les orthèses mandibulaires, se fait tous les 2 à 3 ans, si vous justifiez d’un suivi régulier et d’une nouvelle prescription médicale.
Récapitulatif des bases de remboursement par la Sécurité sociale
| Dispositif | Prescription | Base LPPR | Taux Sécu |
|---|---|---|---|
| PPC (pression positive continue) | Oui | 14,21 €/semaine | 60 % (100 % si liée à une ALD reconnue) |
| Orthèse mandibulaire | Oui | Variable | Environ 60 % |
| Implant hypoglosse | Oui | Non précisé | Partiel, sous conditions |
Les montants indiqués sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer selon les mises à jour de la LPPR ou les conventions en vigueur.
Quel est le rôle de la mutuelle santé ?
Selon les garanties prévues dans votre contrat, le remboursement de votre mutuelle santé, en complément de celui de la Sécurité sociale, peut considérablement réduire votre reste à charge.
Complément du remboursement
La mutuelle prend en charge le ticket modérateur, c’est-à-dire la part non remboursée par la Sécurité sociale restant à votre charge.
Dans le cas d’une PPC (pression positive continue), la base de remboursement est de 14,21 € par semaine pour un patient télésuivi qui utilise bien son appareil : la Sécurité sociale rembourse 60 %, soit environ 8,53 €, et la mutuelle santé peut rembourser les 40 % restants, voire davantage si la dépense réelle est plus élevée.
Certaines formules de complémentaire santé peuvent aussi couvrir les frais annexes, comme la location, l’entretien ou le remplacement du matériel.
Forfaits et garanties spécifiques
Au-delà du remboursement de base, certaines mutuelles proposent des forfaits annuels dédiés ou des garanties spécifiques pour les dispositifs médicaux.
C’est notamment le cas pour :
- les orthèses sur mesure, dont le prix peut dépasser plusieurs centaines d’euros,
- les implants de stimulation du nerf hypoglosse, souvent peu remboursés par la Sécurité sociale.
Chaque cas est différent, il est donc essentiel de vérifier les conditions générales de votre complémentaire santé ou de vous faire accompagner par un conseiller pour identifier la formule la plus adaptée à votre situation.
L’intérêt d’une couverture adaptée
Choisir une mutuelle santé renforcée vous permet non seulement de réduire votre reste à charge, mais aussi de bénéficier d’un accès facilité à un matériel de meilleure qualité et à des services complémentaires : installation, maintenance ou renouvellement.
Elle offre également un meilleur confort financier, en limitant les dépenses imprévues liées aux traitements de longue durée.
Récapitulatif de la prise en charge mutuelle selon le type de dispositif
Pour illustrer l’impact de la mutuelle sur le remboursement des principaux dispositifs contre l’apnée du sommeil, voici un tableau synthétique :
| Dispositif | Prise en charge mutuelle |
|---|---|
| PPC | Jusqu’à 40 % du tarif LPPR ou plus |
| Orthèse | Surcoût + forfait annuel possible |
| Implant hypoglosse | Partielle, selon contrat spécifique |
Les niveaux de remboursement varient selon le contrat et la mutuelle. Il est recommandé de vérifier les conditions précises auprès de son organisme de santé.
Quelles démarches pour obtenir le remboursement ?
Le remboursement d’un dispositif médical contre l’apnée du sommeil nécessite :
- une prescription médicale,
- d’être fourni par un prestataire agréé,
- l’envoi des pièces justificatives.
1. Obtenir une prescription médicale
La première ordonnance de PPC, et son renouvellement, doivent être rédigés par un pneumologue ou un médecin formé aux troubles respiratoires du sommeil. L’ordonnance précise le type de dispositif recommandé (PPC, orthèse, implant).
Le médecin fait une demande d’entente préalable auprès de l’Assurance Maladie, lors de la première prescription et à chaque renouvellement. La première prescription est valable 4 mois, le renouvellement 1 an. La troisième prescription peut être faite par votre médecin traitant ou par un infirmier formé.
2. Passer par un prestataire agréé
L’appareil doit être fourni ou loué par un prestataire de santé à domicile agréé par l’Assurance Maladie.
Ce professionnel garantit la conformité du matériel, son installation et la traçabilité nécessaire pour le remboursement. C’est aussi plus rassurant.
💡 Certains dispositifs, comme la PPC, sont le plus souvent proposés à la location mensuelle, une solution pratique qui inclut l’entretien et le suivi technique pour plus de sérénité.
3. Transmettre les justificatifs à l’Assurance Maladie et à la mutuelle
Une fois le matériel en place, vous devez transmettre à l’Assurance maladie les documents suivants :
- la prescription médicale originale,
- la facture nominative du fournisseur,
- la feuille de soins ou l’attestation de location.
Si votre mutuelle n’est pas en lien avec votre caisse de Sécurité sociale (télétransmission), pensez à lui adresser également tous ces justificatifs pour obtenir votre remboursement.
4. Conserver vos documents en cas de contrôle
Nous vous recommandons de conserver une copie de chaque justificatif (ordonnance, facture, feuille de soins, attestation).
Ces éléments peuvent être exigés en cas de renouvellement, d’interruption du traitement ou de contrôle administratif par l’Assurance Maladie.
FAQ – Remboursement des dispositifs contre l’apnée du sommeil
Quels appareils contre l’apnée du sommeil sont remboursés ?
Les principaux dispositifs pris en charge par la Sécurité sociale sont :
- la PPC (pression positive continue),
- les orthèses d’avancée mandibulaire,
- et, dans certains cas spécifiques, les implants de stimulation du nerf hypoglosse.
Tous doivent être prescrits par un médecin et inscrits sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR).
Quel est le taux de remboursement de la Sécurité sociale ?
La Sécurité sociale rembourse 60 % du tarif de base LPPR. L’apnée du sommeil ne figure pas sur la liste des affections de longue durée (ALD) : le taux passe à 100 % seulement si elle est liée à une ALD déjà reconnue, ou dans le cadre d’une ALD « hors liste » accordée par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
Faut-il une ordonnance pour obtenir un remboursement ?
Oui. La prescription médicale est obligatoire pour déclencher le remboursement (Sécurité sociale et mutuelle). Elle garantit ainsi que le dispositif choisi correspond à un besoin médical avéré et aux critères d’éligibilité définis par la LPPR.
Quel reste à charge après remboursement ?
Le reste à charge dépend du dispositif et du niveau de couverture de la mutuelle. Pour une PPC, il est généralement limité, voire nul, si la mutuelle complète le ticket modérateur.
Pour une orthèse ou un implant, la part non remboursée peut être plus importante, sauf en cas de forfait spécifique prévu par le contrat complémentaire.
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